Assurance décennale maçon
Ce qu’il faut retenir
- Comptez entre 1 800 et 2 800 € par an pour un maçon artisan installé, 1 400 à 2 200 € pour un auto-entrepreneur qui démarre.
- La maçonnerie est classée en gros œuvre, la catégorie la plus chère du bâtiment. Le taux tourne autour de 3 à 6 % du chiffre d'affaires.
- Le terrassement, le dallage industriel et la piscine sont des activités distinctes de la maçonnerie. Non déclarées, elles ne sont pas couvertes.
- Le retrait-gonflement des argiles est devenu le premier motif d'expertise sur les fondations. Sans étude de sol au dossier, votre responsabilité est engagée avant même la discussion technique.
- Sur un même profil, l'écart entre deux assureurs dépasse couramment 1 000 € par an.
- Obtenir mon devis gratuit en 2 minutes → Réponse sous 48h. Attestation nominative dans la foulée. Sans engagement.

Combien coûte réellement une décennale maçon en 2026
Commençons par là, puisque c'est la question que vous vous posez.
| Profil | Fourchette annuelle |
| Auto-entrepreneur en création, CA < 40 000 € | 1 400 à 2 200 € |
| Artisan EI, 5 ans d'expérience, CA 80 000 € | 1 800 à 2 800 € |
| Artisan avec terrassement déclaré, CA 150 000 € | 3 000 à 4 500 € |
| SARL, 3 salariés, CA 300 000 € | 5 000 à 8 000 € |
| Maçon sans expérience justifiable | 2 500 à 4 000 € |
Ces fourchettes correspondent à une maçonnerie classique de maison individuelle et de petit collectif. Elles montent dès que vous ajoutez des activités périphériques, et elles descendent si votre périmètre est resserré et votre antériorité d'assurance sans sinistre.
Le taux de référence pour la maçonnerie se situe entre 3 et 6 % du chiffre d'affaires, contre 1 à 2 % pour un électricien et moins encore pour un peintre. C'est le tarif le plus élevé du bâtiment avec la charpente, et la raison est simple : vous travaillez sur ce qui porte le bâtiment. Quand ça casse, on ne répare pas, on reprend en sous-œuvre.
Pour donner un ordre de grandeur, une reprise de fondations par micropieux sur une maison individuelle démarre autour de 30 000 € et dépasse fréquemment 80 000 € dès que le bâtiment doit être étayé et les accès aménagés. Un dallage industriel qui se fissure sur 800 m² dépasse les 150 000 €. Ce sont ces montants que votre prime finance.
L'écart entre assureurs est votre principale marge de manœuvre
Voilà ce qui devrait vous intéresser plus que le tarif moyen.
Sur un même dossier de maçon, l'écart entre deux compagnies dépasse couramment 1 000 € par an, parfois 1 500 €. Ce n'est pas de la négociation commerciale, c'est de la politique de souscription. Certaines compagnies ont beaucoup souffert sur le gros œuvre ces dernières années et ferment progressivement le robinet. D'autres cherchent au contraire à reconstituer un portefeuille et acceptent des profils que les premières refusent.
Faire jouer la concurrence sur mon dossier →
Ce qui fait vraiment bouger votre prime
Quatre éléments pèsent, dans cet ordre.
Vos activités déclarées. C'est le premier facteur, largement devant le chiffre d'affaires. Un maçon qui déclare uniquement la maçonnerie de petits éléments et le béton armé paie beaucoup moins qu'un maçon qui ajoute terrassement, dallage industriel et piscine.
Votre expérience. Trois ans d'antériorité dans le métier, justifiables par des bulletins de salaire ou un diplôme, changent la nature du dossier. Sans expérience, beaucoup d'assureurs refusent en direct.
Vos antécédents. Un sinistre déclaré sur les cinq dernières années entraîne une majoration de 15 à 30 %, parfois un refus. Ne l'omettez jamais dans votre déclaration : une omission constitue une fausse déclaration et fait tomber la garantie au pire moment.
La franchise. Passer de 500 à 1 500 € fait souvent baisser la prime de 10 à 15 %. Sur un métier où les sinistres sont rares mais très lourds, l'arbitrage est généralement favorable.
Une qualification Qualibat joue en votre faveur auprès de plusieurs compagnies, sans être déterminante.
Le sujet dont personne ne vous parle : l'argile
Si vous ne devez retenir qu'une chose technique de cette page, prenez celle-ci.
Le retrait-gonflement des argiles est devenu le deuxième poste de catastrophes naturelles les plus coûteuses de France, derrière les inondations. Entre 1989 et 2022, le phénomène a causé environ 16 milliards d'euros de dommages assurés. Les sols argileux se rétractent en période de sécheresse et gonflent à la réhydratation. Les fondations suivent le mouvement, le bâtiment se fissure.
Pour un maçon, ça se traduit très concrètement.
L'obligation existe et elle est datée. L'article 68 de la loi ELAN du 23 novembre 2018 impose une étude géotechnique dans les zones classées en exposition moyenne ou forte. Depuis le 1ᵉʳ octobre 2020, le vendeur d'un terrain constructible en zone exposée doit fournir une étude préalable G1. Depuis le 1ᵉʳ janvier 2020, une étude de conception G2 est requise avant construction d'une maison individuelle dans ces mêmes zones. Le NF DTU 13.1 sur les fondations superficielles s'appuie sur cette logique.
La cartographie s'est élargie au 1ᵉʳ juillet 2026. Des communes qui n'étaient pas concernées le sont devenues. Si vous travaillez toujours dans le même secteur, vérifiez votre zonage sur georisques.gouv.fr avant votre prochain chantier de fondations. Beaucoup de maçons continuent d'appliquer les habitudes d'un secteur qui a changé de classement.
Ce que ça change pour votre responsabilité. En l'absence d'étude de sol, un tribunal peut retenir votre responsabilité au motif que vous avez manqué à votre devoir de conseil. La Cour d'appel de Bordeaux l'a jugé pour un professionnel spécialement chargé de réaliser des fondations sur un sol argileux sensible, qui n'avait pas fait réaliser d'étude. Autrement dit, ne pas alerter votre client suffit à vous exposer.
Et pour votre assurance. Votre décennale couvre le sinistre. Mais si l'expert établit que vous avez coulé des fondations sans étude géotechnique dans une zone d'aléa fort, en vous écartant des règles de l'art, l'assureur dispose d'un argument sérieux pour discuter sa garantie, voire exercer un recours contre vous.
La conduite à tenir tient en trois réflexes. Vérifier le zonage avant chaque chantier de fondations. Réclamer la G2 au maître d'ouvrage par écrit, et conserver ce courrier. Dimensionner selon les préconisations de l'étude, pas selon ce que vous faites d'habitude dans le secteur.
Ces trois réflexes coûtent une heure par chantier. Ils valent votre entreprise.
Ce que couvre votre décennale de maçon
Les désordres qui, dans les dix ans suivant la réception, compromettent la solidité de l'ouvrage ou le rendent impropre à sa destination.
En maçonnerie, ce sont principalement les fissures structurelles traversantes, les tassements et affaissements de fondations, les défauts d'étanchéité des murs enterrés ou des soubassements, les désordres de dallage, les défauts de chaînage et de linteaux, l'effondrement partiel d'un ouvrage porteur, et les infiltrations en pied de mur qui rendent un local inutilisable.
Restent en dehors : les fissures de faïençage purement superficielles, les défauts d'aspect, l'usure normale, les désordres consécutifs à un défaut d'entretien du client, et les dommages causés par un tiers. Ces cas relèvent de la garantie de parfait achèvement pendant un an ou de votre responsabilité civile professionnelle.
Autre point utile : votre responsabilité s'étend aux lots que vous sous-traitez. Si vous prenez un marché de gros œuvre et que vous confiez le terrassement à un confrère non assuré pour cette activité, c'est vous que le maître d'ouvrage poursuit. Demandez l'attestation de chaque sous-traitant avant qu'il arrive sur le chantier, et vérifiez que l'activité concernée y figure noir sur blanc.
L'attestation, votre premier outil commercial
Beaucoup de maçons voient l'attestation comme une formalité administrative. C'est en réalité le document qui décide si vous entrez ou non sur certains marchés.
Trois choses à vérifier sur la vôtre. Qu'elle soit nominative, au nom de votre entreprise et en cours de validité. Que les activités y soient libellées précisément, parce qu'un donneur d'ordre ou un maître d'œuvre lira cette ligne avant de vous retenir. Et que la couverture géographique correspond à vos chantiers, ce qui devient un sujet dès que vous travaillez en dehors de votre région habituelle ou en outre-mer.
Sachez aussi que vos devis et factures doivent mentionner votre assurance décennale avec les coordonnées de l'assureur et la couverture géographique du contrat. De plus en plus de maîtres d'ouvrage avertis écartent les devis qui n'en font pas état.
Comment procède-t-on procède ?
Vous remplissez le formulaire en deux minutes : statut, chiffre d'affaires réalisé ou prévisionnel, années d'expérience, et surtout la liste complète de ce que vous facturez, terrassement et dallage compris.
Nous consultons ensuite nos assureurs partenaires et vous revenons sous 48 h avec plusieurs propositions comparées. Vous y verrez les primes, mais aussi les plafonds de garantie, les franchises par nature de dommage et la clause de reprise du passé, qui sont les trois lignes que les comparateurs automatiques ne montrent jamais.
Vous signez en ligne et recevez votre attestation nominative dans la foulée, utilisable immédiatement.
Si un chantier ou un appel d'offres vous attend, signalez-le : les dossiers urgents passent en priorité.
Situations particulières
Vous démarrez en auto-entrepreneur. L'obligation est identique, seul le tarif change. Attention au moment où vous approchez du seuil de sortie du régime : prévenez votre assureur, vos garanties sont calibrées sur le chiffre d'affaires déclaré.
Vous n'avez ni diplôme ni expérience justifiable. C'est le profil le plus difficile à placer sur un métier de gros œuvre. Il reste assurable, à condition que le dossier soit construit correctement et que les activités déclarées restent cohérentes avec le parcours. Une expérience salariée documentée change beaucoup de choses.
Vous changez d'assureur. La clause de reprise du passé est la ligne à lire en premier. Sans elle, tous vos chantiers antérieurs cessent d'être couverts dès la résiliation de l'ancien contrat, alors que votre responsabilité court toujours pour dix ans sur chacun d'eux.
Vous cessez votre activité. Même logique. Votre responsabilité décennale survit à la fermeture de l'entreprise. Ne résiliez rien sans avoir traité cette question au préalable.
Vous ajoutez le ravalement ou l'enduit de façade. Ce sont des activités connexes mais distinctes, avec leur propre tarification. Voir assurance décennale façadier.
Ce que nous faisons, et ce que nous ne faisons pas
Nous sommes courtier spécialisé en assurance construction, immatriculé à l'ORIAS sous le numéro 20006281.
Nous ne vendons pas le contrat d'une compagnie unique et nous ne prétendons pas être systématiquement les moins chers. Ce que nous faisons, c'est mettre plusieurs assureurs en concurrence sur votre dossier, et vous dire ce que chaque proposition ne couvre pas. Sur un métier de gros œuvre, cette seconde partie compte autant que la première : entre deux contrats à 200 € d'écart, la différence de plafond de garantie ou l'absence de reprise du passé pèse infiniment plus lourd.
Nous savons aussi quels assureurs acceptent aujourd'hui le terrassement, lesquels ferment sur le dallage industriel, et lesquels regardent l'expérience plutôt que le diplôme. Cette information change tous les six mois et ne se trouve nulle part en ligne.
Obtenir mes devis assurance décennale maçon → Gratuit, sans engagement, réponse sous 48h.
Questions fréquentes
Un maçon auto-entrepreneur doit-il avoir une décennale ?
Oui. L'article L241-1 du Code des assurances ne fait aucune distinction de statut, de chiffre d'affaires ou de taille de chantier. L'absence d'assurance expose à 75 000 € d'amende et six mois d'emprisonnement au titre de l'article L243-3, et engage votre patrimoine personnel en cas de sinistre.
Pourquoi la décennale d'un maçon coûte-t-elle plus cher que celle d'un électricien ?
Parce que la maçonnerie relève du gros œuvre. Les désordres touchent la structure, ne se réparent pas par remplacement et imposent souvent une reprise en sous-œuvre. Le taux de prime va de 3 à 6 % du chiffre d'affaires contre 1 à 2 % en second œuvre.
Le terrassement est-il inclus dans mon activité de maçonnerie ?
Non, sauf mention explicite dans vos conditions particulières. C'est une activité distincte. Un tassement de remblais sur un chantier où le terrassement n'était pas déclaré n'est pas garanti.
Une terrasse est-elle couverte par la garantie décennale ?
Cela dépend de sa nature. Une terrasse en béton solidaire du bâtiment, ou une terrasse dont l'étanchéité protège un local situé en dessous, relève de la décennale. Une terrasse sur plots, démontable et indépendante du bâti, relève plutôt de la garantie biennale.
Suis-je responsable si le terrain était argileux et qu'aucune étude n'a été faite ?
Potentiellement oui. En tant que professionnel chargé des fondations, vous êtes tenu d'un devoir de conseil. Ne pas alerter le maître d'ouvrage sur la nécessité d'une étude géotechnique en zone exposée a déjà été retenu contre des constructeurs. Réclamez l'étude par écrit et conservez ce courrier.
Combien de temps pour obtenir mon attestation ?
48h pour recevoir les propositions, puis l'attestation nominative dès la signature.
Votre devis décennale maçon, gratuitement
Sans engagement. Réponse sous 48 h, attestation dans la foulée.
